Sans évoquer le fond des revendications de la mobilisation lycéenne et étudiante (qui n’est pas l’objet du Lab), le parallèle avec nos travaux est néanmoins évident : l’actualité interroge directement notre capacité collective à dialoguer vraiment et à produire un dialogue utile.
Au sein du Lab des Dialogues, nous portons une conviction : le dialogue en entreprise sert à éclairer les décisions, à améliorer le fonctionnement de l’organisation et à renforcer sa capacité d’adaptation. Mais le Lab lui reconnaît aussi une dimension plus large : il offre l’expérience d’une pratique démocratique sur le lieu de travail, même si celle-ci reste déterminée par le lien de subordination.
Mais qu’est-ce que dialoguer vraiment en entreprise ?
Pour le Lab, dialoguer en entreprise, c’est « mettre en discussion » un objet commun entre des acteurs qui ont des points de vue, des intérêts et des expériences différents. Cet objet peut être un problème à résoudre, une décision à prendre, une réflexion à développer ou un projet à porter. Le dialogue s’inscrit dans la durée, dans des lieux et des temps plus ou moins formels : réunions d’équipe, instances représentatives, groupes de travail, temps d’échange informels.
C’est un processus exigeant qui, pour devenir utile, doit produire des effets, y compris du compromis. Il ne s’agit pas de dialoguer pour dialoguer : le dialogue est un outil, une méthode au service de la performance globale de l’entreprise, qu’elle soit économique, sociale ou humaine.
Ce que le dialogue n’est pas
Le dialogue ne se réduit pas à une simple information, à de la communication ou à une consultation de type « prise de température ». Ces pratiques ont leur place et peuvent y contribuer, mais elles ne suffisent pas. Le Lab est explicite : pour qu’il y ait dialogue, il faut qu’il y ait échange, que la parole soit entendue et qu’elle circule.
De même, l’existence d’une instance ne garantit pas un dialogue réel. Un CSE peut respecter son cadre réglementaire sans être un véritable espace de dialogue entre ses acteurs. Le respect de la forme ne dit rien de la qualité de l’échange.
Les fondamentaux d’un dialogue de qualité
Sans les éléments suivants, aucun échange de qualité ne s’installe :
- La reconnaissance mutuelle de la légitimité des acteurs : pas de dialogue si l’on ne voit pas l’autre comme un interlocuteur valable.
- L’acceptation de la diversité des visions et des intérêts : il est normal, et même sain, que des visions se confrontent. Le dialogue consiste à organiser cette confrontation. Il n’est donc pas exempt de désaccords, de tensions, de rapports de force ou d’oppositions.
- Une forme de loyauté : participer sincèrement, jouer le jeu des échanges et respecter le cadre fixé, pour que la discussion produise des effets réels.
- Clarté, transparence et durée : des règles du jeu et un lien avec la décision explicites, une information partagée, un dialogue qui s’inscrit dans le temps.
Un contexte qui change, des conditions qui demeurent ?
Les conditions nécessaires à un dialogue utile en entreprise sont-elles si différentes dans le contexte que nous traversons ? Dialoguons…
Téléchargez gratuitement notre première publication et découvrez l’ensemble des travaux et enseignements du Lab.